Bonjour ou bonsoir.



MON PETIT PLACARD SECRET
. Depuis un bon moment j'avais envie de montrer mes petits dessins et montages imaginés depuis les plus profondes cases excitées et hallucinées de mon esprit. Fantasme avec ou sans "S", selon comme ça vient me titiller... La fessée et quelques de ses multiples satellites en sont les thèmes principaux.

J'espère que vous prendrez plaisir à parcourir ce blog tout en rappelant que celui-ci est STRICTEMENT INTERDIT AUX MINEURS !

Petits trucs



A droite j'ai placé une
TABLE DES
MATIÈRES, elle vous permet de choisir des thèmes à visiter selon vos préférences.


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Affichage des articles dont le libellé est ETATS D'ÂME. Afficher tous les articles
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samedi 16 janvier 2016

BYE L'ARTISTE




Alan Rickman, l’interprète talentueux et ténébreux du professeur Severus Rogue dans la saga Harry Potter écrite par JK Rowling.

Un méchant comme dans Piège de Cristal, mais plus encore dans son habit de sorcier. Une crédibilité et une présence sans défaut. Un personnage qui fait de l’ombre au projecteur. Un regard aussi profond et sombre qu’une oubliette sans fin, un pouvoir effrayant qui impose la soumission, un petit sourire énigmatique qui vous irrite. Pour moi, Alan Rickman restera à jamais lié au sorcier de la maison Serpentard.



A jamais, il hantera mes salles de classes fantasmaginées.


Bye l’artiste.

mercredi 25 février 2015

CHEESE BLOGGER KING




J’étais bien en peine car devant le néant de la page blanche depuis quelques jours. Je griffonnais de vagues esquisses, moyennes, ratées, bref je ne savais pas quoi poster sur mon blog.



Ô miracle, hier je reçois dans la boîte un message de l’équipe Blogger ou supposé être signé d’elle. Merci aux auteurs, si, si merci vous venez de me sauver des moqueries, des railleries et des quolibets de mes lectrices et lecteurs impatients de découvrir une nouvelle page.

Afin que ces derniers comprennent de quoi il en retourne, ci-dessous un copier-coller du message.

Cher utilisateur de Blogger,

Nous vous informons que nous allons bientôt apporter une modification au règlement relatif au contenu de Blogger. Celle-ci est susceptible d'avoir une incidence sur votre compte.

D'ici quelques semaines, nous n'autoriserons plus les blogs où sont publiées des images ou des vidéos montrant de la nudité ou à caractère sexuel explicite. Lorsqu'elle est représentée dans un contexte artistique, éducatif, documentaire ou scientifique, ou lorsque l'importance des enjeux pour le public nous conduit à ne pas prendre de mesures relatives au contenu, la nudité restera autorisée.

Le nouveau règlement entrera en vigueur le 23 mars 2015. Après cette date, nous limiterons l'accès aux blogs qui, selon nous, ne respectent pas le nouveau règlement. Nous ne supprimerons pas de contenu, mais seuls les auteurs des blogs concernés et les personnes avec lesquelles ils ont expressément partagé leurs blogs pourront voir le contenu que nous aurons rendu privé.

D'après les informations en notre possession, votre compte est susceptible d'être concerné par cette nouvelle règle. Veuillez ne pas créer de contenu qui serait contraire à celle-ci. Nous vous demandons également d'apporter les modifications nécessaires à votre blog existant pour le mettre en conformité avec celle-ci le plus rapidement possible et éviter ainsi toute interruption de service. Vous avez aussi la possibilité de créer une archive de votre contenu à l'aide de Google Takeout

Pour en savoir plus, consultez ce site

Cordialement,
L'équipe Blogger

© Google Inc. 2015, 1600 Amphitheatre Parkway, Mountain View, CA 94043, États-Unis


Donc d‘après l’équipe Blogger ou supposée l’être, montrer la nudité en dehors des pubs, d’un contexte artistique, scientifique, documentaire etc. serait un délit et entrainerait la fermeture de tous blogs ne correspondant pas aux critères du nouveau règlement ? Dois-je m’avaler de suite cul sec non culotté un whisky ou réchauffer le breuvage entre mes cuisses frémissantes d’hilarité ? Sans rire, s’il faut fermer tous les blogs montrant de l’épiderme, ça va faire un sacré blanc sur la toile Google.



Le débile puritanisme ne disparaitra donc jamais. Exécrable moralité pas même bénie aux déversoir des égouts sortant de la bouche ou de la plume d’intégristes écervelés qui ignorent qu’eux même ont vu le jour sortant du vagin de leur mère et qu’à cet instant précis, ils n’avaient pas la moindre étoffe sur le cul. N’en déplaise à ces homos qui n’ont rien de sapiens et encore moins du second, l’œuvre de Courbet si décriée par vos précédents semblables, est une vérité incontournable et s’il vous plait de croire encore au chou et à la rose, essayez donc de vous amuser avec, mais gare, les choux donnent des gaz et les roses piquent.




Le corps d’une femme ou d’un homme est son image la plus précieuse, son identité propre et c’est sur cette peau tout en courbe qu’on y pose le regard avant d’y laisser courir ses mains. C’est beau un corps nu et personnellement ça me fait bander, ce qui n’est d’ailleurs pas un scoop, nous sommes des milliards sans compter toutes celles et ceux qui nous ont précédés. Je pense même que les moralistes sont les plus virulents de l’excitation et se dissimulent devant un masque auréolé en montrant les autres du doigt. Ne vous offusquez pas, l’histoire témoigne.




Alors comme ça d’après vos renseignements, mon compte serait susceptible d’être concerné et de me demander de ne pas y poster de contenu contraire à vos règles et même de modifier l’existant. A ce que je sache, aucun de mes posts ne démontre un caractère pornographique outrageant, du moins pour les homos sapiens-sapiens, pour les autres, toutes les hypothèses de tares sont permises.



Cependant, il est possible que de photographier, dessiner ou écrire la fessée et tout ce qui tourne autour produise chez certaines et certains des haut de cœur outragés. J’en suis vraiment navré, moi ce qui me génère des hauts de cœur, ce sont des gosses, des femmes, des hommes qui crèvent sous les bombes ou de misère. A chacun ses valeurs.

Au fait Guantadamo, ça se passe bien là-bas ? Vous n'êtes pas obligé de répondre, nous avons les réponses !




Alors mesdames et messieurs de l’équipe Blogger ou supposé telle, en raison que je ne suis pas à l’abri d’un faux message… mais de toute manière je ne m’adresse qu’aux auteurs et aux commanditaires de celui-ci. Une petite chose à vous dire, la nudité n’est pas un crime, la fessée entre adulte consentant non plus et pour être plus généraliste, les jeux sexuels entre personnes majeures et consentantes sont une activité humaine tout ce qu’il y a de plus normale. En parler, écrire, photographier, dessiner ne peut pas nuire psychologiquement, n’attente pas à l’intégrité physique, n’impose pas une idéologie violente, délétère, destructrice ou avilissante d’une ou d’un groupe de personne. Je vous rappelle que mon blog est strictement interdit aux mineurs, ce qui fait d’ailleurs partie des options Blogger.




Alors, vous avez peur d’être dans l’impasse sombre d’un cul-de-sac, vous ne supportez pas la cul-ture du corps ( simplement ça parce que de l’esprit je doute que vous en possédiez), tant que votre cul-pidité vous pousse à jeter cul-rativement d’autres au fond des culs de basse fosse, un conseil, consultez vite, le psychiatre va être ravi !

En attendant, vous pouvez fermer ce blog si ça vous gratouille ; perso j’en ouvrirai un autre ailleurs, ce n’est pas les sites proposant des ouvertures de blogs gratuits qui manquent et quand ceux-là vous copieront, il y en aura d’autres.

Votre démarche est stupide, non fondée et pire, pousse à ce qu’un jour des extrémistes se réclamant de votre moralité à 10 cents, arrosent à coup de kalachnikov.
Peut-être est-ce mise en conformité pour être dans un cadre légal, mais qui décide de la légalité ?


C’est une bonne question dont la réponse pourrait effrayer.

mercredi 7 janvier 2015

7 JANVIER 2015




Je vous salue Charlie ! 

Aujourd'hui, 7 janvier 2015 l'histoire se poursuit. J'entends sur leurs trônes tout ce joli monde cravaté de complaisance, vitupérer contre l'obscurantisme et promettre poursuite impitoyable et punition exemplaire. Oui je vous entend comme d'autres avant vous ont entendus et comme d'autres après l'entendront.

Juste un petit dessin, juste le trait d'une liberté de débattre ou d'avoir tout simplement une opinion. Qu’importe d'ailleurs que ce soit le trait, la lettre, la parole ou le chanté, Ce ne sont qu'expressions qui s'accordent ou s'opposent, ce ne sont qu'expression de la libre pensée et l'esprit ne débat que par l'art, mais jamais celui de la guerre. Pour débattre en dessin, en parole, en lettre, il faut avoir de l'esprit, bref être un être humain digne de porter ce titre. Pour tuer il ne faut être que le pire de l’inexistence.

Ils nous les montrent du doigts les intégristes, mais aujourd'hui ce sont ceux-là, hier d'autres ne portant pas le même symbole, demain d'autres encore sous un drapeau différent. L'histoire n'est qu'une succession d'obscurantisme engendrée et manipulée par les mêmes qui hier accusaient, qui aujourd'hui accusent, qui demain accuseront encore, une larme de crocodile à la boutonnière.

A toutes celles et ceux qui dans le passé, le présent, le futur, crient et imposent une doctrine, qu'elle soit religieuse, économique, politique, royale, impériale, géographique, raciale etc. Vous êtes tous coupables.

lundi 7 avril 2014

J'AI QUELQUE CHOSE A DIRE



Au début on ne sait pas, on va ou les autres vont, on sent des mains, on entend des sons, on ne décide de rien. Un statut de marionnette dans un monde déjà fait.
Si un jour mon corps m’a permis d’aller tout seul dans cet espace paraissant bien trop grand, on ne m’offrait pourtant pas l’infini me retenant mesuré dans la démesure.
Je pouvais parler aux autres, les toucher et les écouter. Ils étaient autour, partout, plus grands, pareils ou plus petits comme des poupées Russes désordonnées.
On pouvait tout me promettre ou tout me refuser, j’ignorais encore ce qui me manquait. Je contemplais riant d’être copain, pleurant d’être seul.
L’immensité n’est qu’un nombre de cage qu’on additionne, aller et venir dépend des grilles ouvertes.
Pourquoi donc étais-je là ? Surement posté à une adresse erronée, je ne me sentais pas chez moi.
La solitude trop souvent, solitude morale, la plus pernicieuse… J’étais comme dans un sous bois marchant sur un chemin dont on ne voit jamais où il mène. L’ombre me gelait et si j’y demeurais, elle me coucherait pour toujours. Je ne la craignais pas et pourtant je pressais le pas pour atteindre l’espace où la lumière chaude filtrait entre les feuillages. Etrange attitude, je n’avais pas envie de savoir le jour suivant, mais j’en étais curieux.



Je ne me souviens plus quand il est arrivé, mais un jour nous étions deux. En moi il y avait celui que je montrais et l’autre qui restait caché au regard extérieur. C’était un drôle de filou celui là, il avait de singuliers comportements. Il riait du feu quand moi j’en pleurais et il savourait délicieusement quand je dégustais amèrement. S’il avait été un simple squatteur, je l’aurais flanqué à la porte, mais voilà, rien d’un sans logis quêtant un toit d’accueil, ce voyou était ma moitié !
Il avait des idées bizarres et prenait parfois toute la place, j’en avais honte, il n’était pas normal. J’avais peur qu’on le remarque, qu’on le confonde avec moi et qu’on le montre du doigt avant de me conduire au pilori. Le supporter était un poids dont je me serais bien passé, mais il était toujours là pour sécher mes larmes. Il me tripotait en m’emportant dans des délires inavouables. Je ne pouvais lui résister, il était maître de ces instants que je refusais une fois passés. Je ne lui promettais aucun avenir, mais je savais déjà que j’attraperais encore sa main pour un autre tour de manège.

Robert Louis Stevenson avait dans son roman, séparé en un être entre le bien et le mal comme deux identités bien distinctes et opposées. C’est ce que je croyais aussi au début, mais il n’en n’ait rien, ce frère que je préjugeais autre était et est toujours moi, sans doute le plus authentique. Je vis entre deux mondes, le visible au regard de tous et un second où je m’enferme quand la réalité m’ennuie ou m’exaspère. Ce n’est certes pas un paradis mais c’est encore moins un enfer. C’est là que sont remisés tous mes rêves, mes fantasmes, mes délires et mes plus beaux sommeils.



Un arrangement, faute de mieux, en quelque sorte un mariage de raison entre deux identités qui ne sont pas antinomiques. Ensemble pour le pire et le meilleur, nous avons plus que complices raconté nos bobards… Oui jusqu’à aujourd’hui et demain encore, des années de mensonges à en farcir tant de tomates que le marché de Rungis en serait saturé. Oui d’un côté vivre mon fantasme clandestinement et de l’autre vivre au grand jour un autre bonheur qui pourtant sera toujours incomplet et inachevé. Mentir pour préserver l’un comme l’autre.


Avais-je besoin d’une femme que j’étais incapable d’aimer aussi fort qu’on le peut ? Si je fus amoureux de belles, je ne pouvais les affectionner comme elles le méritaient. Si d’aventure j’avais rencontré une femme s’accordant avec mes fantasme aurais-je connu plus de félicité ? Rien n’est moins sûr car peut-être n’aurait-elle pas été ce que j’espérais. C’est sans doute d’une autre mère dont j’avais besoin pour tout recommencer à zéro.

mardi 17 septembre 2013

AU DELÀ DU FLEUVE




L’homme au boutons doré m’avait mis en garde de ne pas sortir des clous, mais que voulez-vous, le feu qui me dévorait était si brûlant.
Je me suis enfoncé dans la ville sombre vers l’autre bout, celui qui ouvre sur la campagne.


Marcher sur les pavés me paraissait plus pénible que d’habitude, était-ce la nuit qui les rendait plus rétifs à mes pas, dérangé dans leur sommeil, ou étaient-ils complices de la meute qui allait bientôt renifler ma trace ?


Au dessus de la ville, le dragon pointait sa queue vers l’obscur ; il donnait l’alerte. Comme le vent glacé de Décembre, la peur transperçait l’épaisse laine qui me couvrait, mais cette fois je ne rentrerai pas, je n’abandonnerai pas !


Chaque passage, chaque voûte, chaque ombre était un piège, ils pouvaient être n’importe où, même dissimulés dans le filet d’eau de la fontaine. Je glissais sur les murs, je me faufilais derrière les piliers mélangeant mon ombre aux leurs.

Le souffle court, j’haletais sans avoir couru un seul mètre. Je les entendais, ils criaient, ils tapaient de leurs gourdins sur les gouttières. Le chahut enragé et assourdissant d’invectives me parvenait de partout rebondissant sur les façades et s’infiltrant dans les ruelles.

J’étais presque au bout, quelques pas encore et enfin toucher le métal froid et rugueux de la grille. De l’autre côté, la campagne. Elle était vaste, tordue, feuillue, sinueuse, vallonnée et mouillé du fleuve. La nuit la rendait encore plus austère. Profondeurs interdites, on s’y égare, disaient-ils aux enfants ; on n’en revient jamais effrayaient-ils.


Je sautais le fer torsadé ; derrière les hurlements de la meute et le luisant de leurs baves engluait la nuit. J’allais droit devant moi ignorant les ronces qui retenaient le bas de mon pantalon et me griffaient les chevilles. Je traversais le fleuve, c’était lui l’ultime limite, ils ne le franchiront pas, ils craignaient tellement l’autre rive. Ils redoutaient ce qu’ils ignoraient, ils ignoraient ce qui n’était pas écrit.
Trempé jusqu’au nombril, je m’accrochais aux branches, mes pieds glissaient sur la boue de la berge inconnue. Hissé au plat, à genoux, je me retournais une dernière fois vers la ville, j’apercevais les torches de la meute de l’autre côté, étirées à l’envers dans le courant du fleuve. Ils vociféraient, invoquaient mille démons, leurs feux se noyaient.



J’étais maintenant orphelin, j’étais dorénavant banni… Aucun retour possible, ils ne me pardonneraient pas. Je m’enfonçais dans la forêt sachant qu’ils avaient raison sur un point ; on n’en revient jamais !

A chaque pas je m’approchais, à chaque pas elle s’approchait. Je n’avais plus peur, elle n’avait plus peur.

La clairière était vaste, pour elle comme pour moi le bout du monde. Elle me touchait, je la touchais, nous avions réussi, elle n’attendait plus que mes rondeurs offertes, je n’attendais plus que sa main. Au clair d’une lune crevant les nuages, nous n’étions encore que deux ombres, mais quand la lumière épongera la nuit, nous changerons le monde.


mercredi 4 septembre 2013

ÊTRE ELLE

C’est souvent en ces moments de rien et de solitude. Un peu de temps volé à l’infernale ébullition de notre quotidien. Quelques minutes où on se retrouve seul emmitouflé de nuit, repus de petit écran, lassé de commentaire et fuyant la lumière. Confortablement allongé dans le moelleux d’un canapé les yeux vers un plafond invisiblement noir. Doucement l’esprit va pour offrir du relief et des illuminations pour s’y inviter. On se laisse porter par le courant sans rame ni gouvernail. On est libre de songer, nul autre que vous ne peut voir.
Au début de ces errances, c’est toujours ainsi, mon esprit ne sais quoi me projeter pour me plaire alors il pilonne jusqu’à ce qu’un contour m’attire. Je me passe la main entre les jambes, sans doute un geste incontrôlé comme l’est ma dérive au milieu d’mages furtives et désordonnées.

A force d’amorces, de petits bouts de pellicules, enfin je frémis d’une suite logique. J’entends le bruit des chaines, je vois la flamme qui vacille et l’ombre portée d’un corps qui se tord sous la morsure du cuir. Est-ce le mien ? L’excitation me gagne et je le sais, les songes permettent tous les excès. J’entends la longue lanière tressée siffler puis claquer sur la peau. J’entends le cri prolongé d’un râle suppliant. Je vois l’acte à travers les lourdes pierres du mur de ce donjon perdu dans les landes froides du bout du monde. Je ne vois du bourreau sans visage, qu’une silhouette uniforme sous la capuche et l’habit de grosse toile. De chair, je ne vois juste que son bras et sa main armée. Je renifle l’humidité et la rouille, je sens le cuir mordre et ma main reste collée entre mes jambes.





C’est bien moi qui suis presque suspendu au bout de la chaîne. C’est bien moi qui me tortille comme un ver piqué à l’hameçon. Je suis le propre témoin de mon tourment, mon pantalon se déforme. Ce moi implore et moi j’ordonne que le bourreau soit plus ferme. Je divague et me dessine des courbes qui ne sont plus miennes. Je me vois femme, belle et excitante.

Mais que peuvent bien ressentir les femmes ? Seraient-elles si différentes ? Elles peuvent avoir plusieurs orgasmes les veinardes…. Ce rêve est à moi, alors bourreau frappe donc plus sec voir si elles ne nous trompent pas ! Je suis elle, en elle ; ma mains déboutonne mon pantalon, ouvre la braguette et se glisse sous le coton. Elle est froide, je frisonne un peu, le fouet claque, mes doigts entourent mon pénis.

Je vois toujours danser et crier. Par elle je vois le mur tourner, je sens mes bras étirés par mon poids. Je sens mon dos et mes fesses écorchés. Je sens mon sexe male anachronique. Comme j’aimerai être bien plus qu’un songe, être une femme pour juste le temps du supplice savoir ce qu’elle sait et ce qu’elle sent. Hooooo, mes reins se cambrent ma main tente une retenue, mais… Je jouis ! Quelques coups encore, rapides et violents, puis le bourreau s’évapore dans la flamme qui faiblit, la victime se fond dans le métal et la pierre ; le noir éteint ce qui reste de braise. Je suis un homme, je n’ai le droit qu’à une seule fois, le feu qui durci le bois ne reprend pas de suite.

Mon rêve s’étiole et les dernières images sont le panier de linges sales et la machine à laver.

samedi 10 août 2013

A TOUTES CELLES

Il y a des jours ou je suis comme un papier froissé que le vent emporte sans jamais donner de destination. Mon esprit va, virevolte dans le courant d’air des rues de ma vie consommée et roule sur le pavé des chaussées qui ne conduisent finalement qu’au même endroit que tout le monde.
Ce sont des moments où mes pensées s’emmêlent et s’enfilent sans ordre. On ouvre l’album d’mages qui pâlissent et parfois on s’arrête sur un détail comme la photo d’une main. Qu’est-ce qu’une main au juste sinon l’outil le plus performant en notre possession ?




Délires d’un instant je m’amuse à relever toutes celles qui m’ont touché, caressantes, consolantes, généreuses, ou plus rudes… Mmmmm justement à celles féminines ou masculines un brin libertines, non celles qui m’ont jadis puni pour quelques pas franchissant la ligne que je n’avais pas tracée, mais celles que timidement plus tard j’avais sollicitées ou que tout aussi sobrement, j’avais laissé faire. Réminiscences qui me chatouillent entre les jambes et que je sens encore, même éloignées, incendier mes rondeurs dénudées.
De chauds et excitants souvenirs, le bruit des peaux qui se heurtent, le fourmillement brûlant imprimé et pénétrant qui circule dans mes chairs et galope dans mes veines jusqu’à l’extrême de mon pénis bandé sur la cuisse d’un corps complice qui d’un autre bout, tiens la main qui va et vient.
Je sens encore sur ma joue une larme chatouiller puis, en pointe de menton hésiter avant de lâcher prise et tomber sur le sol en y laissant la tache humide éclaté et difforme, comme une signature éphémère d’un tourment désiré.




Pour de vrai un faux écolier, un fils, un coupable de tout et surtout de petits riens, un voleur de pommes qui n’était pas mûres aux branches d’un cerisier, un condamné à la question, un bad boy, un tricheur et bien d’autres choses encore. Tant de rôles déguisés puis dévêtus, humilié, puni et chaque fois pardonné d’avoir été un instant sans jamais l’être.

De la jouissance la plus intense à la déception la plus glacée, je n’ai que le souvenir d’une liaison entre deux ou parfois plus qui ne se ternie d’aucun regret.




A toutes ces mains amis que j’ai serrées avant qu’elles me corrigent, à toutes ces mains dont je n’ai jamais lu les lignes, mais qui de rouge ont été imprimées superposées sur mes fesses offertes, à toutes ces mains, même les plus lointaines, aux départ de l’âge adulte, qui m’ont fait du mal pour finalement engendré un bien si mystérieux, je leur dit merci. Merci, mais pas seulement à elles, merci aussi aux bonnes âmes qui les commandaient.


Je regarde ma main droite, ma propre main… Elle n’a jamais signé de reconnaissance de dette parce que dans ce fantasme nous ne sommes pas des usuriers. Je regarde ma main en me demandant si un jour elle pourra aussi offrir tout ce que les autres m’ont donné.